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Ma passion pour la peinture a pris naissance en 1995, à la suite du décès d’un ami très cher, Jean-Paul Drouin, artiste peintre et sculpteur de Montréal, et bien connu par les résidants du Plateau Mont-Royal. Il était toujours accompagné de sa fidèle compagne Adèle; à les voir se promener ensemble le long des allées du parc Lafontaine, on se demandait qui de lui ou d’elle avait appris à vivre au rythme de l’autre. Malgré la peine de son départ, j’ai eu la joie d’hériter de son matériel d’artiste. N’ayant jamais peint, et après six mois de contemplation de tous les pinceaux, couteaux, pots, tubes … je sentais que «je me devais» d’utiliser ce matériel car il n’y avait sûrement pas de hasard, si cet homme m’avait fait ce si grand honneur. J’ai commencé par nettoyer les objets avec grand respect, puis à m’apprivoiser doucement aux différents médiums. Simplement tenir un pinceau ou un couteau était pour moi comme une prière, je sentais à l'intérieur de mon être, une mission à accomplir. J’ai réalisé très rapidement que la peinture devenait un moyen irrationnel et illimité, pour définir mes perceptions quotidiennes de la vie, et donner libre cours à mes émotions. Je réalise aujourd’hui l’importance du legs que j’ai reçu. Après quelques années, je sais maintenant que la peinture est propice à l’interprétation individuelle. À travers quelques expositions, j’ai reçu différents commentaires, perçu différentes réactions; parfois positives, parfois négatives; et je suis pleinement consciente que la peinture est source de vie, car elle ne laisse aucune place à l’indifférence. Je suis en constante recherche de la luminosité, de la texture et de la transparence. L’être humain étant l’œuvre la plus fascinante que je connaisse, il est pour cette raison, le centre de mes inspirations, car il ne se passe pas une journée sans que l’on sente sa présence ou les conséquences de son existence. Dernièrement, j’ose l’érotisme malgré les peurs, la crainte du rejet; il me faut exprimer la beauté, la sensualité, les formes, les corps, les esprits, le choc des idées, la fête des sens et de l’âme, car c’est tout mon être qui est attiré par ce qui me paraît beau et bon; j’exprime dans mes œuvres, cette capacité de communication infinie qui sommeille en moi par la sexualité. Le temps que vous prendrez pour me faire parvenir vos commentaires sera grandement apprécié. Ils me permettront de grandir encore dans cette douce, et aussi douloureuse folie de l’expression créatrice. Merci à toi, Jean-Paul Drouin, repose en paix !
Colette Charron |
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